Pollution de l'air à Frontignan : les travaux du centre Analytika cités dans Le Midi Libre

Plus d'un an après la publication de nos résultats à propos de la contamination de l'air du centre-ville de Frontignan (réalisés à la demande de la Mairie), un article paru dans 'Midi-Libre' le 3 février dernier, reprend des éléments de notre investigation et relance le débat autour de cette pollution.


Reproduction ci-dessous de l'article de Isabelle Jupin :

" Frontignan : Une analyse de l’air conclut à une contamination chimique

Elle a été réalisée, en deux campagnes, par le laboratoire Analytika à la demande de la Ville.


On doit aux membres du Collectif environnement Frontignan 34 (Coef 34) d’avoir mis au jour cette étude publiée sur le site Internet du laboratoire Analytika. Non pas cachée, donc, mais à la disposition « d’un public averti », commente Christian Dangleterre. « Nous voulons porter à la connaissance des habitants ce document dont nous nous demandons pourquoi il n’a pas été diffusé », ajoute-t-il.

De quoi s’agit-il ?
Des résultats, publiés en mai 2016, de deux campagnes successives de prélèvements d’air ambiant sur six capteurs, disposés dans le centre-ville, pour connaître la qualité de l’air respiré par les habitants. Ces analyses ont été réalisées du 11 au 31 décembre 2015 et du 16 février au 7 mars 2016 à la demande de la Ville.

Qualifiés de « préoccupants », ces résultats concluent à « la présence d’un grand nombre de contaminants organiques volatils toxiques dont l’origine industrielle ne fait aucun doute ». Bernard Tailliez, le scientifique fondateur de ce laboratoire indépendant d’investigations et d’expertises de contaminations chimiques basé à Cuers (Var), poursuit : « La présence de ces contaminants n’a jamais été encore rapportée par les autorités en charge de la surveillance de la qualité de l’air, alors même que plusieurs de ces substances sont classées CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) et PE (perturbateurs endocriniens) et donc fortement préjudiciables à la santé des habitants. »

Parmi les CMR, ont été identifiés : des molécules de benzène, de tétrachlorométhane et tetrachloréthylène, des solvants.

Une activité industrielle

Parmi les contaminants, dits odorifères, c’est-à-dire qui sentent, on relève la présence de molécules de produits soufrés. Y a-t-il un seuil de référence au-delà duquel ces molécules sont dangereuses ? « Non, répond Bernard Tailliez. Il n’y a pas de réglementation, ni de seuil acceptable, puisque ces molécules sont, par nature, cancérigènes. Il suffit d’une seule. Le benzène est un cancérigène connu et archiconnu mais il est toléré puisqu’il est présent, de 2 à 6 %, dans la composition de l’essence. »

Quelle est l’origine de ces contaminants ?
« Je constate leur présence mais je ne suis pas en mesure de préciser leur origine. Il s’agit d’une activité industrielle, c’est certain, mais qui peut être présente ou passée En tout cas, si ma machine a détecté leur présence, c’est qu’il y en a beaucoup. »

 

Faut-il s’inquiéter ?
« Je donne des teneurs moyennes qui, localement, en fonction du temps, car l’air est un milieu mobile, peuvent être plus ou moins élevées mais je tire la sonnette d’alarme. Ce sont des choses passées sous silence qui se règleront lorsqu’elles seront rendues publiques. »


Ces capteurs sont munis d’un charbon actif qui retient toutes les molécules à l’état de vapeurs dans l’air. Ils ont été placés, principalement, près du canal et de la friche Mobil. L’un, dans le centre-ville, place du Château ; deux autres quai Voltaire et quai Voltaire prolongé; deux autres quai Jean-Jacques-Rousseau; le sixième derrière le Lepap.

La méthode utilisée par le laboratoire Analytika est un dépistage systématique qui permet de séparer et d’identifier toutes les molécules, à l’inverse d’un contrôle réglementaire, qui s’exerce sur des contaminants prédéfinis par la réglementation en vigueur. « Cette réglementation est au service des industries et c’est un rempart derrière lequel s’abritent les organismes officiels mais, pendant ce temps, les gens respirent. »


Six capteurs


Depuis le début de l’année 2016, à la demande des collectivités locales, Air-LR a mis en place un observatoire des odeurs du bassin de Thau. Il s’agit là d’observations olfactives dont les résultats ne seront connus qu’à la fin de ce premier trimestre 2017.

 

Interrogé sur l’étude d’Analytika, Antoine Thiberville, chargé de cet observatoire à Air-LR répond :
« Nous n’avons pas été saisis de cette étude. Nous ne l’avons donc pas étudiée. »

 

Par contre, Air-LR a effectué un suivi de la qualité de l’air dans l’environnement du chantier de dépollution de l’ancienne raffinerie Mobil (consultable sur son site, onglet Publications, puis Frontignan).

Quant à la Ville, elle nous a indiqué, hier, que tous ces résultats allaient être transmis à la DREAL, avec copie à l’Agence Régionale de la Santé (ARS). À noter que le laboratoire varois a également réalisé, en août 2015, à la demande de Thau agglo, une campagne de prélèvements d’air sur l’ancien site des ciments Lafarge. Elle met également en évidence « des contaminants organiques toxiques volatils et semi-volatils d’origine industrielle. »

 

Dans le même temps, Analytika a également publié une « étude critique du processus d’évaluation des risques sanitaires associés à la pollution de l’air atmosphérique induite par l’exploitation du site Scori ».


À ce rapport, et là sollicité par la DREAL (Direction de l’environnement), la mairie de Frontignan et Scori, Air-LR a apporté une réponse empreinte « de réserves ».

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Article du Midi-Libre du 03.02.2017 dans sa version source (Page 7) / Isabelle Jupin
20170203_midilibre_sete.pdf
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Commentaires : 1
  • #1

    Lavieille Patrice (lundi, 07 août 2017 16:20)

    Bonjour,
    J'aimerai contacter le collectif (coef 34), pourriez-vous me donner un numéro de téléphone ?
    lavieille.patrice@gmail.com ou 0608475000
    Cordialement
    P. Lavieille