Pollution : le maire de Servoz finance ses propres capteurs d'air

Dauphiné Libéré (Haute-Savoie) | Article de Amélie Daviet

SERVOZ | Après les révélations du centre Analytika sur la pollution dans la vallée de l’Arve, Nicolas Evrard, maire de Servoz, réagit

 

Atmo ne veut pas ? Qu’importe, Nicolas Evrard se débrouillera seul. Hier soir, lors de ses vœux à la population, le maire de Servoz a annoncé que la commune allait faire poser deux capteurs afin d’analyser l’air. Une demande que son prédécesseur avait déjà faite, que lui même avait réitéré au début de son mandat… et à laquelle « Atmo (1) a à chaque fois opposé une fin de non recevoir. Ils ont dit que ce n’était pas nécessaire à Servoz », raconte le maire.

 

D’ici quelques mois, il sera donc fixé quant à la pollution puisqu’il fait désormais appel aux compétences du centre Analytika sur les deniers de la commune. Ce laboratoire indépendant a déjà réalisé une batterie d’analyses pour des particuliers, à Passy, qui montrent, entre autres, une forte présence de métaux lourds. « On ne peut pas mettre la poussière sous le tapis », estime Nicolas Evrard qui souhaite pousser plus loin que le simple décompte des PM10 pour regarder ce qui se cache vraiment derrière.

Un courrier au préfet pour amender le Plan de protection de l’atmosphère

 

Et pour faire cracher à la poussière ce qu’elle a dans le ventre, Nicolas Evrard a également envoyé un courrier au préfet de la Haute-Savoie, Pierre Lambert, afin de lui demander d’amender le Plan de protection de l’atmosphère (PPA2).

 

Ce document qui est en cours de préparation depuis plusieurs mois et devrait être mis en place au mois de mars donnera une ligne de conduite quant à la pollution de l’air dans la vallée de l’Arve.

 

Le maire a donc demandé que le PPA prenne désormais en compte les S02 (dioxyde de soufre). « Il faut que le préfet comprenne qu’il n’est pas seul au monde, qu’il entende les autres acteurs. On est en train de tout mélanger en faisant des analyses de Vallorcine jusqu’à Annemasse. Le périmètre est trop large . »

 

Estimant que de toute manière le PPA « n’aura pas vocation à être mis en place cette année », il appelle donc à ce que, « en retard pour en retard », le texte tienne compte des dernières analyses du centre Analytika. Et appelle à un meilleur contrôle des industries du fond de la vallée : « Il faut se poser la question de la pérennité de SGL Carbon. Quant à l’incinérateur, il peut mieux faire. »

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