La revue de presse du centre Analytika

20 Février 2017 > MIDI-LIBRE : "Frontignan : Analyses de l'air, le maire Pierre Bouldoire réagit"

Article de Jennifer Franco

Environnement. Le maire de Frontignan réagit aux résultats de l'étude menée sur la qualité de l'air respiré par les habitants, que la Ville a commandé au laboratoire indépendant, Analytika, basé dans le Var. Un point qui intervient après la mobilisation d'habitants.

Dans son édition du 3 février 2017, Midi Libre révélait les conclusions d'une analyse de l'air réalisée à Frontignan ville et Frontignan plage, en décembre 2015 et février mars 2016, par le laboratoire Analytika.

 

Qualifiés de "préoccupants" par l'auteur de l'analyse, le scientifique Bernard Tailliez, fondateur de ce laboratoire indépendant d'investigations et d'expertises de contaminations chimiques, ces résultats concluent à « la présence d'un grand nombre de contaminants organiques volatils toxiques ». Cette étude, commandée par la ville, dont les résultats sont publiés et consultables sur le site internet d'Analytika, n'a jamais été rendue publique.

 

Pourquoi avoir organisé une conférence de presse maintenant (elle a eu lieu le 13 février 2017, NDLR) ?

 

Parce que dans votre journal, des citoyens informés se sont manifestés pour exprimer leurs inquiétudes. En l'occurrence, Christian Dangleterre et son association le Coef 34 (Collectif environnement Frontignan), puis dans la foulée ARzF (Action Risque zéro Frontignan). La première intervention pouvait laisser penser que la ville cachait quelque chose sur le rapport d'Analytika. [...]

 

[...] J'ai donc demandé à Analytika de nous proposer un protocole de surveillance. Cela représente un coût de 8000€. Le laboratoire a proposé cette surveillance en deux temps : d'abord avant que les tests ne démarrent (Tests de dépollution de l'ancien site industriel Exxon) et ensuite, pendant les tests de dépollution menés par Exxon. [...]

 

Juridiquement les résultats d'Analytika sont-ils recevables ?

 

La ville est déjà engagée sur le terrain judiciaire avec Exxon. Je demande une fois de plus aux services de l'État de revoir leur copie. Aujourd'hui, ce sont les citoyens qui montent au créneau. Et je m'en réjouis. Cela fait vingt ans que je suis maire de cette ville et que je mène un combat dans ce dossier. Je me sens isolé. Et le temps, lui, continue de passer.

 

Pourquoi Analytika ?

« Lorsque j'étais vice-président à l'Agglo, en charge de l'aménagement du territoire, on avait envisagé -cela reste toujours d'actualité-, en accord avec le président, de transformer l'ancien site de Lafarge en parc public, et également de faire, côté étang, le Palais des sports.

 

À l'époque, j'avais dit à François Commeinhes, qu'il fallait faire des analyses de l'air car nous sommes entourés par Exxon, Scori. L'Agglo avait donc demandé à Analytika de les réaliser.

 

J'ai donc fait à nouveau appel à ce laboratoire car j'avais vu la qualité du travail effectué sur la question Lafarge. »


10 Février 2017 > AFP (Marseille) : "La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur malade de ses déchets"

Enquête de Julie Pacorel

Des tonnes de plastique recyclable mais non recyclé, des déchets dangereux dans des installations non homologuées, ou encore des gravats de chantiers déversés au bord de la route: la région Provence-Alpes-Côte d'Azur est débordée par ses déchets.

 

Décharges en Paca : situation alarmante

Alors qu'en moyenne en France, 270 kilos de déchets par an et par habitant ne sont pas recyclés, en Paca le tas d'ordures non "valorisées" grimpe à 400 kilos par an et par habitant, selon l'Observatoire régional des déchets. Un état des lieux constaté au quotidien par ses habitants, et confirmé par une enquête de la DREAL, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, fin novembre. Les services de l’État ont inspecté sans préavis les 15 décharges de Paca, et leur conclusion est  alarmante: plus de la moitié sont en infraction. Plusieurs procès-verbaux ont été transmis aux procureurs de la République.

 

Eric Legrigeois, directeur adjoint de la Dreal explique "Derrière ces contrôles inopinés, l'idée était de s'assurer de la qualité des déchets admis et des contrôles d'accès, on a vu des bennes entières d'emballages plastique, des pneus dans des installations de stockage qui ne doivent accueillir que des déchets dits ultimes, qui ne peuvent pas être recyclés. Les contrôles d'accès sont très lacunaires: les exploitants de décharge sont dans une logique de remplir rapidement leur installation pour le moindre coût, et une personne qui contrôle à l'entrée toute la journée représente des frais".

Un exemple : la décharge Valsud dans les Bouches-du-Rhône

Sur les hauteurs de Septèmes-les-Vallons, au nord de Marseille, des nuées d'oiseaux signalent la décharge Valsud, gérée par Veolia. Depuis des années, les riverains s'inquiètent du niveau insoutenable des odeurs provenant de la décharge et du dépérissement de la végétation aux alentours. Un laboratoire indépendant saisi par les  habitants, Analytika, a démontré "une forte pollution du site et des alentours par divers effluents toxiques gazeux et liquides, en particulier le benzène, un cancérigène humain connu". Le laboratoire met en cause la présence sur le site de déchets industriels toxiques ainsi que des "fuites et débordements des bacs de rétention de lixiviats (eau pluviale polluée)". Analytika a aussi constaté un dépérissement des arbres dans la partie de pinède située à proximité immédiate du site de Valsud.

 

"Pas étonnant", réagit une source proche du dossier, qui relève des "problèmes de sécurité, d'accès". La décharge, qui doit fermer en 2022, "n'a pas tout ce qu'on demande aujourd'hui" en matière d'étanchéité des sols, ajoute-t-elle. En 2011, Valsud avait été mise en demeure car elle avait augmenté sa capacité d'accueil sans en avoir informé la DREAL. Aujourd'hui la direction de Veolia assure que le site de Valsud n'a "aucun problème d'étanchéité et qu'aucun vidage n'a lieu sans la présence du contrôleur à déchets". D'après ses propres tests, "aucune pollution n'est avérée". [...]


03 Février 2017 > MIDI-LIBRE : "Hérault : pollution toxique dans l'air de Frontignan"

Article de Isabelle Jupin

On doit aux membres du Collectif environnement Frontignan 34 (Coef 34) d’avoir mis au jour cette étude publiée sur le site Internet du laboratoire Analytika. Non pas cachée, donc, mais à la disposition « d’un public averti », commente Christian Dangleterre. « Nous voulons porter à la connaissance des habitants ce document dont nous nous demandons pourquoi il n’a pas été diffusé », ajoute-t-il.

De quoi s’agit-il ? Des résultats, publiés en mai 2016, de deux campagnes successives de prélèvements d’air ambiant sur six capteurs, disposés dans le centre-ville, pour connaître la qualité de l’air respiré par les habitants. Ces analyses ont été réalisées du 11 au 31 décembre 2015 et du 16 février au 7 mars 2016 à la demande de la Ville.

Qualifiés de « préoccupants », ces résultats concluent à « la présence d’un grand nombre de contaminants organiques volatils toxiques dont l’origine industrielle ne fait aucun doute ».

Bernard Tailliez, le scientifique fondateur de ce laboratoire indépendant d’investigations et d’expertises de contaminations chimiques basé à Cuers (Var), poursuit : « La présence de ces contaminants n’a jamais été encore rapportée par les autorités en charge de la surveillance de la qualité de l’air, alors même que plusieurs de ces substances sont classées CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) et PE (perturbateurs endocriniens) et donc fortement préjudiciables à la santé des habitants. »

 

Parmi les CMR, ont été identifiés : des molécules de benzène, de tétrachlorométhane et tetrachloréthylène, des solvants. [...]


25 MARS 2016 > LELANCEUR.FR : "La guerre de l’air à Imphy"

Article de Daphné Gastaldi

[...] Pour prouver cette pollution, les riverains ont décidé d’ouvrir leurs systèmes de ventilation, de racler leurs pare-brise… pour récupérer eux-mêmes la poussière qui s’incruste dans leurs maisons et la faire analyser.

 

“Je suis indigné quand je vois les résultats, souffle de l’autre côté du combiné Bernard Tailliez, dans son laboratoire indépendant, Analytika, à Cuers (Var). On n’est plus dans les Trente Glorieuses, ça suffit. On ne devrait pas trouver des phtalates et des terres rares dans l’air que respirent les citoyens.”

 

Le directeur de ce laboratoire privé qui a fait les analyses s’inquiète de la présence de trois phtalates, reconnus comme des perturbateurs endocriniens, surtout le DEHP. “Nos rapports analytiques mettent en évidence la présence de très nombreux polluants à de fortes concentrations dans les poussières aéroportées induites par une activité industrielle autorisée. Ils démontrent donc que les pouvoirs publics n’ont pas satisfait à l’obligation que leur impose l’article 5 de la Charte constitutionnelle de l’environnement*”, commente-t-il. [...]


24 OCT 2014 > LE RÉPUBLICAIN LORRAIN : "Filaments tombés du ciel : le mystère n’est pas démêlé"

Article de Stéphane Mazzucotelli

[...] Que dit Analytika ? « Ces "filaments aéroportés" sont des polymères organiques complexes, contenant des composants chimiques de synthèse, parmi lesquels plusieurs molécules rencontrées dans les carburants et lubrifiants de réacteurs d’aviation. »

 

Un rejet d’avions alors ? « Peut-être ou d’objets lancés dans l’espace, comme des satellites. Je regrette que l’aviation civile ne communique pas sur les rejets de ses appareils », répond le Dr Tailliez.

 

Aucune certitude donc. Pour le patron du labo privé, l’élément filandreux n’est « pas naturel ». Il balaie l’hypothèse de toiles tissées par des araignées pour se déplacer à l’automne. Prudent, le directeur d’Analytika prend ses distances avec ceux qui concluent, suite à son travail, à un épandage vicieux de substances toxiques et dangereuses.

 

« Je ne dis pas qu’il y a complot. Je dis que ces retombées sont préoccupantes. Mais je n’utilise pas le terme de dangereux car moi-même je ne sais pas d’où cela vient exactement. C’est d’ailleurs tout le problème. Il faut désormais qu’un laboratoire mandaté par l’État analyse ces fibres pour qu’on sache définitivement de quoi il s’agit », conclut le Dr Tailliez, qui croit savoir que le CNRS, à Montpellier, serait sur le coup. En attendant, l’énigme reste entière.[...]


06 JUILLET 2014 > LA PROVENCE : "Les riverains ont la décharge dans le nez"

Article de Delphine Tanguy

"Au beau milieu de la nuit, vous suffoquez, vous avez envie de vomir", rapporte Daniel Pieri. Ses voisins renchérissent : depuis quelques semaines, ils souffrent de maux de gorge, d'yeux irrités. Les odeurs pestilentielles venues du centre d'enfouissement technique (CET) de Septèmes pourrissent la vie des riverains.

Hier, ils organisaient une réunion à laquelle participaient des élus tels Henri Jibrayel ou Roland Cazzola, des présidents de CIQ comme Gérard Marletti ou Lydia Fretzel.

 

Discrètes, dans la salle, les chargées de communication de Véolia Environnement (Valsud) prennent des notes mais se gardent bien d'intervenir. Seuls parleront le toxicologue Bernard Tailliez, mandaté avec son laboratoire, Analytika, par les habitants, et Daniel Pieri, président de l'Association contre la décharge de Septèmes les Vallons (ACDSV).

Œuf pourri

"On veut le savoir : est-ce qu'on risque quelque chose à respirer ça?" tonne soudain un voisin, très remonté. "Ça", c'est de l'hydrogène sulfuré à la caractéristique odeur d’œuf pourri. Il émane des dégazages nécessaires menés par Véolia sur la décharge depuis des semaines. Issu de la macération des déchets organiques, ce biogaz nauséabond est effectivement très irritant. Voir létal dans de fortes concentrations (dégagé par les algues vertes qui souillent les côtes bretonnes, par exemple) et/ou des espaces confinés.

Toutefois, "ici, ce n'est pas dangereux", nous a affirmé Frédéric Clément, le responsable d'exploitation de la décharge. Ce sont "seulement les flux thermiques entre la mer et la terre" qui renverraient les relents pestilentiels vers les vallons des Peyrards et des Tuves, notamment. "Il faut que le préfet vienne dans l'arène, maintenant, que des études soient menées" a réclamé le député PS Henri Jibrayel lors de la réunion. Lors de la récente visite à Marseille de Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, la sénateur maire PS Samia Ghali lui avait fait la même requête.

Fin 2011, Analytika avait mis en évidence, sans pouvoir en préciser la concentration ni la provenance, la présence de 18 polluants dans l'air et 38 dans l'eau aux abords de la décharge. Ce rapport avait jeté le trouble : Véolia avait ensuite accepté que soient menées, deux fois par an, des campagnes de captage d'air en plusieurs points du voisinage.

En juillet 2013 et février 2014, sur une période de 14 jours, le groupe avait mandaté Burgeap (lire ci-dessous) pour réaliser cette étude : "Nous sommes en dessous des seuils admis", se réjouit Frédéric Clément, résultats en main. Bref, le risque sanitaire serait écarté. Dans une volonté d'apaisement, Véolia avait également financé la campagne de mesures parallèle d'Analytika.

 

Or, Bernard Tailliez le soutient aujourd'hui, "nos résultats sont incompatibles avec ceux de Burgeap. Véolia a fait une moyenne de ses relevés qui ne rend pas compte du pic de présence de benzène que j'ai constaté." Ces mesures n'ont pas non plus été menées en période de dégazage. "On n'a pas les moyens d'investiguer davantage", admet Daniel Pieri. Inquiets, les riverains ne comprennent pas que le préfet ne diligente pas, ici, une enquête "indépendante". La seule à même de dissiper leurs craintes.

Derrière les capteurs, deux laboratoires mais aussi... deux poids et deux mesures

À 71 ans, Bernard Tailliez est à la tête du petit laboratoire indépendant -et non-certifié- Analytika, installé à Cuers, dans le Var. Volontiers alarmiste, Bernard Tailliez s'est plusieurs fois mis au service d'associations. En 2000, après le naufrage de l'Erika, il soutient que les bénévoles nettoyant les côtes ont été exposés à des substances plus toxiques que ce qu'affirme Total. Ses conclusions sont sévèrement réfutées par un collège d'experts. Plus tard, une étude de l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensa) pointera néanmoins elle aussi un risque mésestimé par les autorités. À Septèmes, Analytika a été payé par Veolia pour mener sa propre analyse en parallèle de celle confiée à Burgeap, le laboratoire mandaté directement par Veolia environnement.

Poids lourd de l’ingénierie de l'environnement, il a notamment travaillé sur les sites pollués d'Euroméditerranée. Depuis 2009, Burgeap appartient au groupe européen Burgeap Igip Holding SE. Demeter Partners, un fonds de placement à risque spécialisé dans l'environnement, porte et finance son développement. Veolia environnement est l'un des principaux actionnaires de ce fonds.


07 AVRIL 2014 > VAR MATIN : "Ces mystérieux filaments tombés du ciel"

Article de Luc Boutria

[...] Théorie du complot, résidus de réacteurs... Particuliers et associations s'interrogent sur la découverte de filaments blanchâtres. Un laboratoire varois révèle qu'ils n'ont rien de naturel...

 

En bons Gaulois, nous en sommes toujours à craindre que le ciel ne nous tombe sur la tête. La crainte serait fondée selon des particuliers et une association, l'ACSEIPICA (Association Citoyenne Suivi Étude Information Programmes Interventions Climatiques Atmosphériques).

 

Pour comprendre leur théorie, il suffit de lever la tête vers le ciel et d'observer.

 

Il y a de fortes chances pour que vous tombiez sur une de ces « belles » traînées blanches liées au passage des avions. De ces traînées longilignes qui lézardent le ciel - baptisées en anglais chemtrails - seraient issus de drôles de fils blanchâtres et collants, des « filaments aéroportés » qui se dispersent dans la nature ou… votre jardin !

 

Ces surprenantes découvertes sur plantes vertes ont interpellé des habitants du Var, comme ailleurs en France, qui ont collecté des échantillons pour analyse. À la manœuvre le centre Analytika de Cuers dont les derniers résultats ne laissent présager rien de bon pour la santé publique quant à la composition de ces mystérieux filaments tombés du ciel. [...]


15 Décembre 2013 > AISNE NOUVELLE : "ALLEMANT : DES « PCB » dans la nature"

Eric Jonneau

Allemant est-elle en passe de devenir la commune la moins fréquentable du département ?

Non contents de lutter à armes inégales contre le centre d’enfouissement de déchets, dont ils s’efforcent de prouver le caractère polluant, deux associations locales dénoncent aujourd’hui la présence de polychlorobiphényles (PCB) dans un champ voisin. Et dans des doses dangereuses pour la nature... et pour l’homme.

 

Allemant. 180 habitants. Le village, situé entre Laon et Soissons, est connu pour avoir reçu un missile V1, tiré par la Wehrmacht, mais dévié de sa trajectoire. C'était le 17 juin 1944, jour de la visite de Hitler au bunker de Margival, quartier général du front de l'ouest, situé à trois kilomètres de là… Soixante-dix ans plus tard, la « célébrité » de la commune reposera sur un tas d'immondices. Elle abrite en effet l'un des trois centres d'enfouissement de déchets de l'Aisne.


Depuis son ouverture, en 1996, deux associations (Vauxaillon nature et Qualit'Aisne) se sont créées afin de lutter contre une exploitation qu'ils jugent douteuse, voire illégale. Leur combat est toujours d'actualité et devrait se poursuivre encore quelques années. Il a motivé la rédaction d'un livre blanc, présenté récemment par le conseil général (notre édition du 25 novembre).
C'est pourtant une autre affaire que soulèvent aujourd'hui les deux associations, qu'elles affirment avoir découverte de manière assez fortuite. « En regardant une vue satellite du village sur Internet, l'un de nous a remarqué une tâche claire dans les champs, un endroit où rien ne pousse (en bordure de la D26, ndlr), raconte Alain Legros, le président de Qualit'Aisne. En le superposant avec le cadastre, on s'est aperçu qu'il s'agissait d'un ancien chemin communal, remblayé et exploité par l'agriculteur. C'est troublant. »


Ça l'est d'autant plus que l'association en connaît le propriétaire : Bertrand Magnien. C'est justement lui qui loue ses terres à la société exploitante du centre d'enfouissement (Sita-Dectra), situé de l'autre côté de la D26, en face du champ suspect.
« Je ne suis pas au courant, nous a répondu Bertrand Magnien par téléphone. Ces gens-là sont venus sur mes terres sans rien me demander ? »
« On a prélevé des échantillons et on les a fait analyser par un laboratoire spécialisé, situé dans le sud de la France », confirme Alain Legros.


Contacté dans son laboratoire de Cuers, dans le Var, Bernard Tailliez n'y va pas par quatre chemins vicinaux. Le 20 octobre, il a remis ses conclusions à Qualit'Aisne. Dans son rapport, il explique avoir découvert 101 contaminants organiques.

« Je suis tombé sur le derrière »

« Du PCB et plein d'autres résidus chlorés, résume Bernard Tailliez. Je suis tombé sur le derrière, je ne pensais pas retrouver ce genre de pollution en milieu rural. Elle provient vraisemblablement du sol fortement pollué d'une vieille usine. Cette terre a échappé à la filière légale qui impose de la traiter dans un centre adapté ou de l'incinérer. Quelqu'un a voulu l'éviter, surtout les coûts qui vont avec. »


Bernard Tailliez est connu pour ses affinités écologiques. Il dirige un laboratoire de référence pour les associations environnementales. Il s'est d'ailleurs rendu célèbre pour avoir découvert et révélé avec Greenpeace le caractère toxique du pétrole de l'Erika, échoué au large de la Bretagne en décembre 1999. La puissance de Total, et l'attitude de l'Etat, avaient eu raison de son opiniâtreté.


À Allemant, le combat des associations s'apprête à se heurter aux mêmes blocages administratifs. Le maire d'Allemant, sans doute soucieux de ne pas alarmer ses concitoyens, mais que nous n'avons pu joindre, semble contester la méthode de prélèvement employée par Qualit'Aisne. « Il nous a envoyé une lettre hallucinante, note Alain Legros, le président de l'association. Le prélèvement n'aurait pas été effectué par une personne assermentée. ça reste à voir, je suis quand même technicien forestier à l'ONF. »


L'association a envoyé le compte rendu du laboratoire à la préfecture de Laon. Laquelle attend les conclusions de l'agence régionale de santé (ARS) et de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL). « Le préfet réunit ces services d'ici la fin du mois pour entendre leurs conclusions. Une réponse sera apportée aux associations à la suite de cette réunion », précise leur communiqué.


La commune de Vauxaillon et l'association Vauxaillon Nature, via le maire, Gilles Gastel, ont porté plainte pour pollution des sols les 27 et 28 octobre derniers à la gendarmerie de Coucy-le-Château. La commune voisine craint pour la contamination des nappes phréatiques, et donc pour la consommation de l'eau. Elle demande des prélèvements au niveau du forage de la commune. « L'enquête est en cours, confirme l'adjudant Berthe. On fait quelques vérifications avant de saisir le procureur s'il y a lieu. »

« Je vais leur rentrer dedans »

Le 18 novembre, la mairie de Vauxaillon a écrit au préfet pour lui réclamer une analyse poussée de l'eau potable.
Lundi a lieu une table ronde consécutive au livre blanc conçu récemment par le conseil général de l'Aisne à propos du centre d'enfouissement. Sur le point d'être muté en Bretagne, Alain Legros, lassé par des années de combat, a promis qu'il ne partirait pas en silence. « ça fait cinq ans que ces gens-là (sic) ont le pouvoir de faires les choses et qu'ils ne les font pas. Je vais leur rentrer dedans », promet-il.


19 MARS 2013 > OUEST FRANCE Pays de la Loire : "Le labo dont les résultats « dérangent » Trivalis"

Article de Philippe Ecalle & Marc Lambrechts

[...] Qui a effectué les analyses ?

Le centre Analytika. Fondé par Bernard Tailliez en 1991, à Palaiseau, dans l'Essonne, il s'est ensuite installé à Cuers (Var). Sur son site, Analytika est présenté comme « une société de droit privé, au financement entièrement assuré sur fonds propres, ne dépendant d'aucun sponsor, ni industriel ni institutionnel, susceptible d'exercer d'éventuelles pressions en cas de conflits d'intérêt ». Le labo se dit également « partenaire de l'Ademe et de la Région Paca, et agréé à la cour d'appel d'Aix-en-provence ». A priori, des gages d'indépendance. 

 

Qui est Bernard Tailliez ?

Âgé de 71 ans, il est le fils de Philippe Tailliez (décédé en 2002), précurseur de la plongée sous-marine avec le commandant Cousteau. Titulaire d'un doctorat en chimie, il a travaillé cinq ans aux États-Unis sur l'analyse chimique des molécules. S'il ne fait pas mystère de certaines convictions, héritage de son père, « qui a très vite pris conscience de l'extraordinaire fragilité de la bande côtière », il estime que cette sensibilité écolo « n'est pas incompatible avec la rigueur scientifique ». « Je ne fais pas des analyses pour que ça arrange ou que ça dérange, ajoute-t-il. Je ne porte pas de jugement. Je dis seulement ce que je vois. »

 

Ce laboratoire est-il fiable ?

« Il m'est apparu indépendant et honnête, avec la volonté de dénoncer une certaine omerta », souligne François Bernier, médecin à Saint-Nazaire. Après le naufrage de l'Érika, ce dernier, avec le Collectif citoyen anti-marée noire de Saint-Nazaire, a bataillé contre Total et a fait appel à Analytika. À l'époque, les analyses du labo avaient conclu que le navire ne transportait pas du fuel lourd, mais un « déchet » (issu des boues de forage ou des déchets de raffinerie) qui n'aurait jamais dû prendre la mer. Ces analyses n'ont jamais été attaquées par Total...

 

Plus récemment, à la demande d'une association, Analytika a examiné une décharge à ciel ouvert, à Septèmes-les-Vallons (Bouches-du-Rhône). Il a révélé la présence de nombreux polluants industriels, y compris des perturbateurs endocriniens. [...]


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