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Pollution dans la Vallée de l'Arve : Après l'air, les végétaux

France Bleu (Pays de Savoie)| Reportage de Anne Chauvet & Laurent Pascal

Retranscription audio | On connaît les problèmes de pollution de l'air en Vallée de l'Arve. Y a-t-il des répercussions sur les fruits et les légumes ? C'est la question que se pose le collectif Coll'Air Pur qui a financé une étude pour savoir à quoi s'en tenir. Un laboratoire a donc analysé des champignons dit "trompettes-de-la-mort", ramassés vers Passy.


Et Richard Vivion, les résultats ne sont pas bons.

 

Dans ces conclusions, le laboratoire Analytika parle de très forte teneur cumulée en métaux lourds pour 9 composés différents qui ont été découverts dans les 60g de "trompettes-de-la-mort" analysés.

 

Bernard Tailliez est le directeur de ce laboratoire : "On trouve à peu près 500mg/kg du cumul de ce qu'il est convenu d'appeler les métaux lourds, par exemple le Zinc dont on trouve une teneur 5 fois plus élevé. À ma connaissance les trompettes-de-la-mort naturellement ne doivent pas contenir de Plomb. Ici les trompettes-de-la-mort à Passy en contiennent".

Les champignons ont été ramassés en 2016 dans le secteur de Passy à un peu plus de 2km de l'incinérateur. Il pourrait être l'une des sources de contamination avec aussi le trafic routier estime le directeur du laboratoire Analytika.

 

Pour Muriel Auprince, membre du collectif citoyen Coll'Air Pur qui a financé ces résultats sont en tout cas inquiétants : " C'est inquiétant parce que dans la vallée beaucoup de gens font leur jardin, moi la première, sachant que les champignons recueillent des métaux lourds, je me dis que je vais arrêter un petit peu de nous intoxiquer, d'intoxiquer tout le monde".

Et pour le collectif Coll'Air Pur, ces analyses doivent à nouveau servir de signal d'alarme.

Un collectif qui souhaite désormais qu'un établissement public comme l'INERIS (Institut Nationale de l'Environnement et des Risques Industriels), mène lui aussi ces propres analyses.

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Pollution dans la Vallée de l'Arve : une batterie d’analyses inquiétantes pour les trompettes-de-la-mort

Le Dauphiné Libéré (Haute-Savoie)| Article d'Amélie Daviet

Pays du Mont-Blanc| Quand les trompettes-de-la-mort montrent des traces de pollution, le Coll’air pur s’inquiète. Enfin… continue à s’inquiéter. Le collectif de lutte contre la pollution de la vallée de l’Arve a en effet envoyé au laboratoire Analytika 60 grammes de champignons séchés, ramassés en 2016, sur les hauteurs de Chedde, à une distance de 2,5 km à vol d’oiseau de la zone industrielle des Egratz.

 

Cette nouvelle collaboration (*) entre le Coll’air pur et le laboratoire d’analyses indépendant, dirigé par Bernard Tailliez, permet de mettre en évidence la présence de contaminants chimiques inorganiques, en particulier neuf métaux lourds, dans les trompettes-de-la-mort.

 

Et, après comparaison avec les teneurs de référence disponibles pour ce type de champignons, Bernard Tailliez confirme que « seul un transfert par voie aérienne des contaminants récemment découverts dans les poussières aéroportées de la ZAE des Egratz peut expliquer la présence des contaminants chimiques inorganiques découverts dans [cet] échantillon ».

 

Cobalt, chrome, nickel, arsenic, plomb, cuivre sont autant de contaminants trouvés dans les trompettes. Mais c’est surtout le zinc qui interpelle le professeur, du fait de sa « très forte teneur cumulée ».

 

Le Coll’air pur demande désormais une intervention de l’Ineris pour confirmer ou infirmer les études d’Analytika. Ce qui tombe bien puisque le préfet de Haute-Savoie, Pierre Lambert, avait annoncé vouloir faire appel à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques pour que « les scientifiques et les sachants se prononcent » quant aux analyses de Bernard Tailliez.

 

(*) Deux batteries d’analyses de poussières ont montré, entre autres, de fortes teneurs en métaux lourds, la présence de cancérigènes, de mutagènes, de reprotoxiques et de perturbateurs endocriniens.

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Suffoquer au pied du Mont Blanc

BoxSons | Reportage de Thibaut Mougin

La vallée de l’Arve en Haute-Savoie, aux confins de la Suisse et de l’Italie est l’une des contrées les plus polluées de France. En lanceurs d’alerte, médecins et habitants bataillent au quotidien contre un air hivernal vicié devenu au fil du temps meurtrier.

 

Brouillard montagnard inoffensif ou nuage de pollution? Pour des touristes venus skier dans la vallée de Chamonix, il est souvent difficile de faire la différence. Pour les 150 000 habitants de cette vallée, entre France, Suisse et Italie, la radiographie est plus rapide, tant ils sont habitués depuis des décennies à respirer un air de mauvaise qualité. En janvier 2017, l’extrême est du département de la Haute-Savoie a connu un épisode de pic de pollution de plus de 30 jours.

 

Cette vallée semi-rurale, semi-urbaine combine plusieurs sources de pollution. Avec le trafic routier tout d’abord : plus de 500 000 camions empruntent chaque année la route pour rallier l’Italie et le val d’Aoste via le tunnel du Mont-Blanc. A Passy, dans la plaine, l’usine SGL Carbon brûle quotidiennement des déchets. En hiver, les cheminées des particuliers sont encore utilisées pour le chauffage. Transports, industrie, chauffage… un cocktail explosif de contaminants pour une vallée resserrée : avec le froid et le soleil, les particules figées sont emprisonnées, sous cloche, comme dans une immense marmite.

 

D’après une étude de Santé publique France, l’exposition aux particules fines provoque la mort anticipée de 85 personnes par an dans cette vallée alpine. Un résultat d’enquête qui n’a pas surpris le corps médical haut-savoyard, à l’image de Frédéric Champly, un urgentiste des hôpitaux du Mont-Blanc qui sur France 2 dès 2015 parle déjà d’un « air mortel » :

 

« La santé publique n’intéresse pas les politiques à quelque niveau que ce soit. Agir sur la qualité de l’air, c’est taper sur l’industrie, sur le transport, sur les ménages… c’est aller à la confrontation. Nos élus n’ont plus les moyens d’entrer en confrontation. » Frédéric Champly, médecin urgentiste et lanceur d’alerte.

 

Lassé par l’inaction collective, le médecin se lance dans la course aux législatives en 2017 pour briguer la sixième circonscription de Haute-Savoie avec une envie de jouer au chamboule-tout. Il ne parvient pas à se qualifier pour le second tour mais réalise un score honorable avec plus de 13 % des suffrages. Le retour d’expérience politique est simple : certains responsables politiques en sont encore au stade du déni écologique.

 

« On re-placarde dans les métros parisiens les pubs de Saint-Gervais… L’air est y irrespirable. Le slogan c’est l’air pur au pays du Mont-Blanc » Frédéric Champly, médecin urgentiste et lanceur d’alerte.

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Passy : Un « plan ambitieux » pour SGL Carbon

Le Dauphiné Libéré (Haute-Savoie)| Article d'Amélie Daviet

Passy | Hier, le préfet visitait l’usine de Chedde et rappelait les 4 millions d’euros investis dans la réduction des émissions de l’usine.

 

Le préfet l’a martelé, hier, on ne peut pas le taxer d’inactivité. « On refait le PPA et en même temps on agit sur de nombreux plans. Nous n’avons pas attendu la publication d’analyses ou les dépôts de plaintes », revendique Pierre Lambert. Toujours est-il pourtant que son activité de ces derniers jours, avec une prise de parole vendredi sous forme de réponse aux inquiétudes diverses et une visite de l’usine SGL Carbon, hier, découle du soudain coup de projecteur sur la pollution dans la vallée de l’Arve (lire nos éditions précédentes).

 

« On fait de mauvais procès à la vallée de l’Arve »

 

Le représentant de l’État avait convié sénateurs, députés et autres élus locaux à cette visite de l’usine de Chedde (Passy) « à l’origine de 12 ou 13 % de la pollution industrielle dans la vallée », énonce-t-il. Il a tenu à rappeler que « l’industrie est une chance », citant les 55.000 emplois qui y sont liés dans la vallée de l’Arve. « On fait de mauvais procès à une vallée dont la valeur internationale en matière d’industrie est reconnue. Et cela n’empêche pas les touristes de venir », continue--til, justifiant par là que « ce n’est pas la vallée de la mort ».

 

Épaulé par Anne-Laure Jorsin-Chazeau, et Yannick Mathieu, directrice départementale et directeur adjoint à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), Pierre Lambert a présenté « un plan ambitieux d’investissement » pour l’usine cheddoise habituée des doléances locales. Un plan qui s’inscrit dans la démarche non moins « ambitieuse, concertée et partenariale » du PPA2*.

 

Car la filiale de fond de vallée du groupe SGL Carbon (lire son historique par ailleurs) a investi 4 millions d’euros cette année pour se mettre au vert, aidée en cela à hauteur de 1,2M€ dont un million assuré par le conseil régional.

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Pollution dans la vallée de l'Arve : face aux craintes d’un plan trop léger, le préfet de Haute-Savoie lance sa riposte

Le Dauphiné Libéré (Haute-Savoie)| Article de Jennifer Parisot & Sylvain Falcoz

Vallée de l'Arve | Pierre Lambert a dévoilé, hier, les premières mesures du nouveau Plan de protection de l’atmosphère (PPA2) de la vallée de l’Arve.

 

« Non, ce n’est pas la vallée de la mort ». Après le déferlement médiatique et les actions en justice, le préfet de la Haute-Savoie, Pierre Lambert, répond et dévoile les premières mesures du Plan de protection de l’atmosphère de la vallée de l’Arve. Les associations craignaient des « demi-mesures » dans ce PPA2, lui le qualifie « d’ambitieux ».

 

Sous ses mains, deux dossiers verts. L’un renferme les principales mesures du futur Plan de protection de l’atmosphère (PPA2) de la vallée de l’Arve. L’autre contient une revue de presse des articles locaux et nationaux ayant précipité cette conférence de presse en préfecture, hier.

 

Le préfet de la Haute-Savoie Pierre Lambert tenait à lever le voile sur les objectifs et les actions principales de ce PPA2, visant à améliorer la qualité de l’air. Une réponse aux diverses associations ayant témoigné, dans nos colonnes notamment, leur crainte de voir apparaître des demi-mesures dans ce PP2 (lire nos éditions du 30 avril).

 

Les 500 plaintes déposées contre X par les résidents de la vallée, dans ce dossier pollution, ainsi que l’action administrative visant à faire condamner l’État pour “carence fautive” n’y sont pas étrangères non plus. « L’État est attaqué sur sa supposée inaction. Ce n’est pas le cas », oppose le représentant de l’État.

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Karim : ouvrier, lanceur d’alerte, viré

Reporterre| Article de Franck Dépretz

Enquête - En juin 2017 éclatait le scandale des supposés déversements illégaux d’acide d’ArcelorMittal à Florange. Dans une vallée où plane l’ombre du géant de l’acier, où en est l’enquête ? Comment réagissent les élus ? et, surtout, comment évolue la situation de Karim Ben Ali, le lanceur d’alerte licencié après ses révélations ?

 

« Le premier lanceur d’alerte ouvrier du pays, et peut-être d’Europe, bientôt à la rue… Tu parles d’un héros… » Lorsqu’on l’a rencontré pour la première fois, en mars dernier, Karim Ben Ali, 36 ans, n’avait plus les moyens de payer son loyer. La situation de ce père de trois enfants, chauffeur de poids lourds depuis ses 19 ans, actuellement sans travail et au RSA, n’est pas sans lien avec le tollé médiatique provoqué par la publication de l’une de ses vidéos en juin 2017. Intérimaire, Karim s’est filmé, en décembre 2016, en train de déverser un liquide vert fluorescent — de l’acide, dit-il alors — directement dans la boue du crassier de Marspich, en Moselle, pour dénoncer les pratiques imposées par ArcelorMittal Florange et son sous-traitant, Suez RV Osis Industrial Cleaning.

 

Karim transportait des matières corrosives et de l’acide chlorhydrique en solution. C’est ce qu’indiquent les nombres figurant sur la plaque d’identification située à l’arrière de son camion : 80 et 1789 correspondant au code danger et au code matière, codes enregistrés par l’ONU. Cette plaque, Karim la dévoile dans une vidéo inédite, qui n’a jamais été publiée sur Internet. On peut toutefois en voir un extrait dans le documentaire « Pollution : Alertes citoyennes sur le net » diffusé sur Planète + Crime investigation, le 2 avril 2017. « Sur les quatre vidéos que j’ai prises, une seule a fait le buzz. Les trois autres ont été saisies par la police judiciaire », nous révèle Karim.

 

Censé être détruit à Amnéville, au centre de traitement Cedilor appartenant à Veolia, cet acide aurait donc été déversé dans la nature. Pour « une question de pognon », selon Karim : « Je déversais une à deux fois 28 mètres cubes d’acide par jour au crassier. Ça devait faire de sacrées économies en frais de recyclage… » Pendant que sa vidéo fait le tour du monde, Karim est blacklisté des agences d’intérim, s’attire les foudres du groupe coté au CAC 40. À la suite des inhalations de fumées toxiques, il perd le goût et l’odorat, développe des ulcères aux yeux. Sous la pression, il sombre dans la dépression et est hospitalisé deux mois et vingt jours…

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Le centre Analytika Dans la presse